Les derniers sujets soumis au vote concernaient des vœux, textes destinés à engager le Conseil municipal sur un thème préoccupant afin d’interpeller les institutions ou la population, une forme d’engagement en somme.
L’un de ces textes était consacré au problème de la sécurité des fichiers Base Elèves. « Base élèves » est un système informatique dont le principe même avait été contesté par des syndicats d’enseignants et les associations de parents. La fiche de chaque enfant contient son état civil, mais aussi des informations sensibles sur son orientation, ses éventuelles difficultés, sa vie sociale et familiale, l’autorité parentale, la « culture d’origine ». Ces données protégées ne doivent être accessibles qu’aux directeurs d’école, aux maires (s’ils en font la demande) et à l’administration centrale. La nationalité était aussi mentionnée. Elle en a été supprimée, tout comme la culture d’origine et la date d’entrée en France, suite à une mobilisation de contestation. Aujourd’hui, la sécurité, c’est à dire l’accessibilité, de ces fichiers est mise en question, et j’ai cru personnellement adhérer à l’inquiétude des Citoyens de l’Haÿ qui, dans ces vœux, ont souhaité désapprouver ouvertement la perversion que pouvait entraîner l’usage et l’existence même de telles données.
Un autre texte était présenté par le groupe Socialiste pour déplorer la fermeture probable, en tout cas annoncée par la CPAM, du Centre de Sécurité Sociale de la rue Jean Jaurès. Il était important que le Conseil municipal puisse exprimer officiellement son soutien à ceux qui se sont mobilisés, au travers de 1200 signatures et d’un comité, pour le maintien de ce lieu de solidarité et de présence du Service public.
Là où j’ai trouvé beaucoup d’enseignement a été de constater que, pour ces deux textes, l’opposition UMP et le Front National se sont abstenus. Pas vraiment de surprise pour ce qui est du FN, dont les deux conseillers semblent emprunts d’une grande lassitude. Mais que dire des élus UMP et ex-UDF, pourquoi n’ont-ils pas exprimé officiellement leur désaccord à des textes qui critiquent ouvertement ou indirectement la politique menée par le gouvernement qu’il soutiennent (la Base Elèves a été créée sous le ministère Robien, la fermeture du centre de Sécurité Sociale est une conséquence du rabotage du Service public, entamé depuis 2002 et annoncé pour les 5 prochaines années) ?
En se réfugiant sur la forme - se plaignant de ne pas avoir été consulté ou informé au préalable -, l’opposition municipale ne s’est pas exprimée sur des sujets sur lesquels ils ne sont pas en mesure d’avancer des arguments. Même Pierre Mallet, qui finalement et à la toute dernière seconde, a voté contre le texte sur le centre de Sécurité Sociale, n’a pu mettre en avant que son regret de ne pas y voir évoqué également la fermeture du guichet entreprises à la Poste. Allons bon : ce texte n’allait pas suffisamment loin dans la critique du gouvernement selon l’opposition, c’est un comble !
Nous voilà donc à quelques mois des élections municipales avec une opposition boudeuse qui baisse les bras au Conseil municipal, et pratique la manipulation et l’entrave procédurière contre le développement de notre ville avec, pour mot d’ordre, le gel du PLU [1]. Une manière de baisser les bras en tirant vers le bas et en regardant en arrière, incapable de représenter ne serait-ce que ceux qui avaient voté pour elle.
Avec soulagement, je ressens le contraire parmi les membres de la majorité municipale. Les manches retroussées, le regard porté vers l’avenir, porteurs de projets dont de nombreux se concrétisent actuellement.
