Collège Ronsard : les parents d’élève se mobilisent

Manifestation contre les suppressions de poste

jeudi 10 avril 2008

La FCPE a organisé une manifestation entre le collège Ronsard et la mairie de l’Haÿ ce samedi, 12 avril 2008. Départ à 10h00 (à confirmer). Nous appelons les parents des élèves des collèges, mais aussi ceux dont l’enfant est en CM2, et donc au collège l’année prochaine, à se joindre à cette action, ainsi que les enseignants. En fait tous, nous sommes tous concernés par le désengagement de l’état dans ce qui représente la nature même de notre société, de notre République.

Cette action est soutenue par les enseignants et par la mairie.

Les faits : l’académie de Créteil va allouer moins d’heures d’enseignement au collège pour l’année 2008-2009 par rapport à l’année en cours. Pour résumer, la diminution des heures et le double de la diminution des effectifs, sachant que les prévisions des effectifs, calculée par l’académie, sont manifestement sous-estimées. De plus, les postes en soutien scolaire (orientation, SEGPA) sont aussi l’objet de réductions significatives et il est demandé aux enseignants d’y suppléer. [1]

Les perspectives sont le recours à l’intervention de plus de vacataires et de contractuels, personnel mal payé pour un emploi précaire, le plus souvent à temps partiel. Ce temps partiel les conduit à intervenir dans plusieurs collèges ce qui, sans remettre en cause leur compétence, rend plus difficile leur intégration et leur investissement au sein de l’équipe enseignante. [2]

Les enseignants sont incités à effectuer des heures supplémentaires, autre moyen mis en avant par le gouvernement pour réduire les postes d’enseignants. Mais une heure supplémentaire de cours est payée une heure, alors que cela représente également du temps de préparation et du suivi, non rémunérés, et représentant une à deux heures par heure de cours.

Il est probable que la sous-estimation des effectifs, calculée par l’académie, table sur un recours plus fréquent au secteur privé. En donnant le signe de son désengagement, l’état incite les parents d’élève les plus aisés à franchir ce pas, tout en risquant de se retrouver finalement dans une situation qui ne sera pas plus enviable. Le secteur privé ne peut pas absorber une hausse des effectifs sans recourir également a des classes de plus de 30 élèves : cela nécessite d’investir, de recruter et de disposer de nouveaux espaces pour accueillir de nouvelles classes. Sans compter les répercussions en terme d’équipement sportif, de transport scolaire, de cantine... En résumé, c’est le secteur scolaire dans son ensemble qui est menacé par la congestion.

A cela s’ajoute un autre sujet de préoccupation : la baisse du nombre de postes ouverts chaque année aux concours de l’agrégation et du CAPES. C’est la conséquence immédiate de la promesse de Sarkozy de ne pas remplacer la moitié des fonctionnaires partant à la retraite. Mais c’est sans compter la hausse des effectifs qui interviendra assurément, lorsque les enfants nés début des années 2000 arriveront en sixième. Malheureusement et encore une fois, on ne peut pas gérer un collège comme une entreprise : il faudra toujours un enseignant par heure de cours et par classe, et l’efficacité est inversement proportionnelle au nombre d’élèves par classe.

C’est pourquoi nous appelons tous les parents d’élève des collèges à rejoindre cette manifestation, mais aussi ceux des écoles primaires et élémentaires qui seront très bientôt concernés, en particulier ceux dont un enfant se trouve en CM2. Nous appelons également les enseignants, qui ont eux-mêmes alerté les parents d’élève, mais aussi l’ensemble de la population : tout le monde est concerné. Une dégradation de notre système éducatif aura un impact social négatif sur tous.

[1] Ceux qui, parmi eux, ont pris cette initiative, sans rémunération supplémentaire et avec engagement personnel sincère, ont vite compris que les casquettes de l’enseignant et du psychologue ne peuvent être assumées par la même personne.

[2] En d’autres termes, l’état gère l’éducation nationale comme une entreprise : réduire les effectifs au maximum et parer aux activités surabondantes par l’emploi de personnel précarisé, qui subit en plus la pression d’un temps partiel choisi par l’employeur. Il serait plus avisé de prendre exemple plutôt sur les entreprises qui ne pratiquent pas ces méthodes (si, si, il y en a), et surtout de prendre conscience que l’entreprise n’est pas un modèle pour un collège. Pourquoi pas une caserne, tant qu’on y est ?


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